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Paul VI - Sur le fidéisme

Nous voulons voir dans vos travaux, chers Fils, une réponse à ces vœux et l’entreprise d’un examen sérieux et lucide de la pensée des hommes de notre temps égarés dans l’athéisme. Et vos études peuvent en outre contribuer à dissiper la méprise d’un certain nombre de croyants qui sont aujourd’hui tentés par un fidéisme renaissant. N’attribuant de valeur qu’à la pensée de type scientifique, et défiants à l’égard des certitudes propres à la sagesse philosophique, ils sont portés à fonder sur une option de la volante leur adhésion à l’ordre des vérités métaphysiques. En face de cette abdication de l’intelligence, qui tend à ruiner la doctrine traditionnelle des préambules de la foi, vos travaux se doivent de rappeler l’indispensable valeur de la raison naturelle, solennellement affirmée par le premier Concile du Vatican (Denzinger-Schönm. 3004, 3009, 3015 et 3026), en conformité avec l’enseignement constant de l’Eglise, dont saint Thomas d’Aquin est l’un des témoins les plus autorisés et les plus éminents.

Vous savez que l'Eglise, elle, ne renonce pas à la conquête de Dieu. Elle ne nie pas à l'esprit humain la capacité d'arriver à la connaissance de Dieu par la raison aussi, même si ce n'est pas sans efforts et sans ombres. L'Eglise reste ferme, même si elle doit rester seule (cf. Newman) à revendiquer pour la raison cette suprême possibilité. Il faut lui rendre honneur pour cela, du moins pour cette défense de la raison, alors que si souvent on accuse l'Eglise d'obscurantisme et de fidéisme. La foi nous donne certainement de Dieu une connaissance bien plus entière et bien plus facile par elle-même, mais la foi même, affirme notre doctrine, ne peut faire abstraction de l'usage normal et vigoureux de la raison. Le Concile Vatican I a canonisé sous cet aspect la raison naturelle (cf. Denzinger-Sch. 3015 ss.).

La liberté de pensée, le libre examen, le pluralisme philosophique m et religieux viennent secourir cette victime de la mentalité moderne, lui prescrivant le pseudo-remède susceptible de renforcer ses idées propres, qui côtoient l’infaillibilité. Mais cela ne suffit, pas aux-esprits vraiment libres et honnêtes. Le grand problème de la vérité demeure, les tourmente secrètement et les pousse à de, nouvelles recherches. En ce qui concerne la foi, les solutions sont étranges : confiance aveugle, fidéisme, abandon total au sentiment religieux ; d’une part, démythisation, la foi religieuse est dépouillée de toute valeur historique, de tout sens concret, laissant l’illusion que cette soi-disant purification suffise à combler le désir d’une foi authentique et essentielle ; d’autre part, retour prudent aux règles religieuses traditionnelles, mais toujours situées dans un cadre théologique déterminé et moderne. Mais, pour pénétrer dans le royaume de la foi, il faut une clé qui n’est pas toujours disponible, il faut une “ grâce ”, la grâce de la foi, car avant même d’être vertu, la foi est une grâce, un don, un souffle mystérieux de l’Esprit Saint qui la rend acceptable et possible.

Fidéisme

Concile Vatican II - Ceux qui ignorent l’Évangile du Christ et son Église peuvent agir sous l'action de la grâce

En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel. À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie. Bien souvent, malheureusement, les hommes, trompés par le démon, se sont égarés dans leurs raisonnements, ils ont délaissé le vrai Dieu pour des êtres de mensonge, servi la créature au lieu du Créateur (cf. Rm 1, 21.25) 21.25) ou bien, vivant et mourant sans Dieu dans ce monde, ils sont exposés aux extrémités du désespoir. (Lumen gentium, n° 16.)

Grâce, Bonne volonté, Bonnes oeuvres