Robert Sarah (Mgr) - La christianisme n'a pas besoin d'un contexte favorable
42"23
Question du journaliste Aymeric Pourbaix : Est-ce que la mission, aujourd'hui, a besoin, d'une certaine manière, d'un terreau favorable, et donc de l'action civile, politique pour aider à cette mission ? Je pense notamment au voyage du pape à Monaco demain. Monaco qui est un État catholique, ce qui a des conséquences très concrètes. Par exemple, le prince s'est opposé à une loi sur l'avortement récemment et il y a d'autres conséquences sociales favorables pour le peuple. Est-ce que cette mission a besoin d'une certaine manière... C'est la doctrine du pape Pie XI, ce qui est rappelé, le Christ doit régner sur les sociétés également. Est-ce qu'il faut redécouvrir dans l'Église également cette doctrine du Christ Roi ?
Réponse du cardinal Sarah : C'est vrai que, bien sûr, l'Église a besoin d'un contexte, d'une ambiance favorable pour prêcher. Mais cela n'a pas toujours été le cas. Regardez Jésus, il n'a pas rencontré une ambiance favorable. Il a été toujours contesté. L'Église est en contradiction, toujours, avec le monde. Donc... Mais bien sûr, ce serait souhaitable qu'on travaille dans une ambiance, un contexte favorable. Mais dès le départ : jamais. D'abord, Jésus est né, rejeté par tout le monde. Il est né dans une grotte, il a dû fuir après sa naissance en Égypte. Il est revenu, il a rencontré l'opposition du clergé, alors qu'il a passé toute sa vie à faire le bien. Il en est mort. Bon... Et ce sera toujours comme ça. Les premiers apôtres ont tous été martyrs. Ce n'était pas un contexte... Le premier contexte favorable c'est Constantin, mais c'est exceptionnel. Nous ne devons donc pas attendre un contexte favorable pour dire l'Evangile. Si nous avons un contexte favorable c'est très heureux, mais le Christ n'a jamais rencontré ce contexte favorable. Il nous a promis beaucoup de choses, plus le martyr. Nous ne devons donc pas avoir peur d'avoir une contradiction, d'avoir le martyr, parce que le martyr c'est la semence des chrétiens. Bien sûr, c'est vrai que c'est louable, qu'un gouvernement dise non à l'avortement, parce que c'est quand même dommage que certains gouvernements légalisent l'avortement. Tuer un enfant, c'est un crime, c'est un assassinat, c'est tuer un enfant innocent. Il faut bien que des gens courageux défendent la vie. Défendre la vie, c'est défendre Dieu parce que Dieu est vie. Pour parler de Dieu, il faut parler de la vie et la vie ça commence par l'enfant, dès sa conception. Il faut respecter cette vie, parce que c'est un don de Dieu.
(Emission "Face au cardinal Sarah" animée par Christine Kelly, 27 mars 2026)
